Le Coq a bien raison

Delphine me connaît depuis le Jour 1. Delphine, c’est un modèle de douceur, de patience, de persévérance et d’authenticité. Elle ne cherchera jamais à vous dépeindre une vie rose et plate. Elle est maman de 5 enfants, dont un extra-ordinaire.  Sa maison est toujours grande ouverte, par tous les temps et sous toutes les coutures, pour les introvertis et les extravertis, ceux qui ont besoin d’une pause et ceux qui veulent se payer une tranche de rire, ceux qui ont besoin d’être entendus et ceux qui ont envie d’écouter. Elle est formidable. C’est ma soeur, la plus grande de toutes. Elle a quelque chose à vous dire, et je suis hyper, super enthousiaste de lui laisser la place ce matin.

Alors que le temps des grandes vacances touche à sa fin, et que défilent sur les réseaux sociaux les souvenirs les plus heureux de ces instants de grâce, je ravale ma faim et tâche d’être contente, et de me contenter.

Etre content. Se contenter.

Naturellement dotée de la faculté de me lamenter sur moi même et pourvue, de surcroît d’une extension en provenance directe d’Autistant, trouver le contentement n’est pas toujours aisé.

Par exemple….

Tabler sur de vraies vacances en famille – vous savez, celles où l’on part loin de ses murs, et que l’on passe tous ensemble sur une plage, dans le dépaysement le plus total. Celles où l’on se réjouit de découvrir les spécialités locales, où l’on joue dans les vagues, où l’on se prélasse dans une piscine… Celles où l’on oublie un peu ce quotidien qui ne change jamais… Bref, les vraies vacances quoi – et devoir les annuler à cause d’un véhicule qui trouve sympathique de faire des siennes…
Et tâchant de digérer cela, voir tous les autres ( enfin, ça c’est ce que vous croyez à ce moment là ) partir, eux, et étaler leur bonheur sans vergogne, ou l’envisager à grands coups de statuts en tous genre… Jalousie Se contenter.

Se dire que finalement on va faire autrement, d’autres choses, et devoir, ce faisant, nettoyer de fond en comble une chambre et un enfant pour cause de jeux inappropriés, dans une substance tout aussi impropre au dit jeu… En gros, avoir les deux mains dans la merde. (Vous êtes choqués ? Pourtant, croyez moi sur parole, au sens “propre” c’est tout à fait ça).  Se contenter.

Envisager, puisque l’on reste, quelques menus travaux, ou rangement, et se lancer… et être mille fois interrompue par un enfant différent qui ne supporte pas le bruit de la perceuse, qui éteint systématiquement le lave vaisselle quand il est en route, qui détapisse sa chambre, si vous avez l’audace de l’y placer quelques minutes, pour pouvoir enfin faire tourner ledit lave vaisselle…

Cet enfant qui passe par la salle de bain, et décolle toutes les étiquettes, sur tous les produits qu’il y trouve pour les coller sur son pyjama… qui veut absolument récupérer LE pyjama gris ( le chouchou préféré ) , et qui a bien compris qu’il est dans la machine à laver… et va appuyer sur tous les boutons pour y parvenir !!  Et j’en passe. ( Il faut bien que je termine cet article … ) Rage intense Se contenter.

Imaginer trouver quelques instants de paix et de normalité, et vivre des journées de production sonore intensive, et de bêtises en tout genre comme un badigeon de feutre sur tout le corps, le bureau, le radiateur, l’écran de l’ordinateur, le clavier, des flaques de pipi dans lesquelles on marche franchement en arrivant dans la chambre, parce que la porte n’est pas transparente, et que l’on a pas anticipé que l’enfant allait être nu comme un ver, et aura accompli ce méfait par terre, sur la commode, sur la couette… ( Pardon, hein, mais bienvenue dans ma vie 🙂 En même temps, c’est pas comme s’il pleuvait souvent, et que mon sèche linge soit KO… ) Désespoir … Se contenter

Autant de désagrément, de contrariétés, de déplaisir… qui ne mènent en aucun cas au contentement.
Que faire alors ? Où sont la paix, la joie, le plaisir, le ravissement ?

Cette satisfaction vive et durable qu’est le contentement ?

Parce qu’il n’y a rien d’agréable dans ce que je viens de décrire. Il n’y a rien à en tirer de bon.
C’est ce que vous vous dites sans doute. Et c’est ce que l’on voudrait vous faire croire.

Mais dans toutes ces choses se cache une grande source de gain.

La satisfaction en Dieu. L’apprentissage de la soumission au joug que Dieu pose sur mes épaules et qui est doux et léger.
La recherche de la joie et de la paix qui viennent de Lui.
La reconnaissance envers et contre tout, parce qu’il y a toujours une raison de lui dire merci.
Parce qu’il y a toujours à apprendre, et toujours un pas de plus à faire pour se rapprocher de Lui dans toutes ces situations.

Je ne vous dirai pas “ parce qu’il y a toujours pire ailleurs”. D’une part, parce que je ne veux pas que mon contentement découle du simple fait que d’autres sont plus malheureux que moi .

Et d’autre part, parce que la souffrance des autres est intime, subjective, singulière et réelle, et qu’elle n’est pas un instrument de mesure de ma propre affliction. Et que la comparaison n’apporte pas de solution. (Un jour, je ferai un article sur la comparaison).

Donc non. Ma vie n’est pas facile.
On m’a dit il y a peu “ C’est sûr… Il y a des jours où ça n’est pas facile”.
J’ai laissé passer un peu de temps et j’ai répondu : “ Non. Il n’y a pas : – des jours où ça n’est pas facile- C’est difficile tous les jours. Et parfois, c’est pire.”. Parce que c’est la vérité. La vérité de mon quotidien.
Et que je ne peux pas laisser ceux qui m’entourent, croire que je vis dans une normalité impeccable, et que parfois, ça grince. C’est faux. Ça grince tous les jours. Et parfois c’est assourdissant.

Mais il y a Dieu .

Dieu et sa grâce insondable, et infinie. Sa grâce et sa bonté qu’il renouvelle chaque matin.
Sa grâce qui peut me contenter.
Sa joie, qu’il déverse dans mon coeur en dépit des circonstances.
Et la reconnaissance. Cette reconnaissance qui mène tout à la fois au contentement et à la joie.
Sa force qui me permet de commencer et de terminer aujourd’hui. Ou l’heure qui suit.

Oui. Oui, je raccommode ou je jette des vêtements, ou des draps déchirés.

Mais la lumière du matin dans le saule pleureur est splendide. Merci.

Oui. Oui, trop souvent je nettoie le contenu intestinal de mon enfant de 9 ans sur des supports divers et variés.

Mais le reflet de l’eau sur ce lac, les méandres de la rivière, et la course de mon petit garçon à travers les bulles faites par sa soeur, c’est fabuleux. Merci.

Non. Non, pour la 8ème année consécutive, je ne suis pas partie en vacances avec ma famille.
Mais notre grande maison a ouvert ses portes à tous ceux que l’on aime, nous avons pu faire quelques baignades ici et là, être invités à 3 reprises chez des gens courageux qui n’ont pas eu peur d’accueillir notre “ peintre”…. MERCI.

Dieu place dans ma vie bien plus de cadeaux que je ne peux en  compter. Ils surpassent de loin tout ce qui plombe mon quotidien.

Si, et seulement si je veux bien ralentir pour les voir.
Si je me soumets à ce que Dieu met dans ma vie pour me faire grandir vers sa parfaite stature. Pour que je ressemble toujours plus à Jésus.
Se soumettre à ce que Dieu donne, quoi que ce soit, mène toujours à quelque chose de beau.
Même si de prime abord, ce que Dieu donne ne me semble pas beau.
Je veux m’en satisfaire, sachant que son chemin pour ma vie est parfait, et que j’ai forcément à apprendre à travers ce par quoi je passe.
J’ai à apprendre sur Lui. Sur moi. Sur ce qu’il attend de moi. Sur ce qu’il veut faire de moi. Et je sais que je finirai toujours par lui rendre grâce.
Par le remercier pour ce qu’il fait de moi à travers ce qu’il place sur mon chemin.
Le remercier pour ce qu’il m’apprend.
Le remercier pour le brisement qui me rend plus dépendante de Lui. Qui le rend plus efficace en moi. Qui ouvre des plaies par lesquelles il peut atteindre mon coeur plus profondément que si elles n’étaient pas là. Ces plaies qu’il guérit par ailleurs.
Et le remercier parce qu’il pourvoit. Toujours. Fidèlement. Pour tout ( Comme un nouveau sèche linge, d’une manière totalement inattendue ! 🙂

Et la voie du contentement n’est pas une voie facile. N’écoutez plus jamais ceux qui veulent vous le faire croire. C’est trop facile de ce contenter de la facilité.

La vie n’est pas toujours la fête que nous espérions… Mais puisque nous sommes là : dansons !!

Alors oui. Oui le coq à raison. Parce que même les deux pieds dans le fumier, il continue de chanter 😀

Pour en lire encore plus, c’est par ici : Au Fil de l’Aître

2 réponses sur « Le Coq a bien raison »

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