UNE CLEF ET DES NOEUDS DE VENTRE

Les sorties en forêt font partie du projet pédagogique de l’école dans laquelle je travaille. Ce sont des moments que j’aime beaucoup, parce qu’ils nous permettent à tous de respirer, de changer d’air et d’environnement. Pour beaucoup d’enfants, l’ambiance et la vie dans la forêt sont des nouveautés, et c’est beau de les voir gagner en aisance et en joie au fur et à mesure des sorties !

Je vous en avais déjà parlé en début d’année, mais ces dernières semaines, l’anxiété est revenue en grande pompe dans ma vie. Sans vraiment savoir pourquoi, les crampes d’estomac soudaines, les taches d’eczéma et la diminution ponctuelle de ma joie de vivre ont refait surface.

Et puis il y a eu cette sortie en forêt.

Ce matin-là, le soleil nous a fait le plaisir de sa présence. Il y avait autant de feuilles aux branches que sur le sol, et toute la forêt était envahie d’une lumière douce et chatoyante. C’était esthétiquement PAR-FAIT ! Ajoutez à ça des petits humains qui courent joyeusement dans tous les sens, l’odeur de la terre humide et les petites découvertes des uns et des autres, et vous aurez le cadre complet !

Une fois de plus, je m’étais levée avec le ventre serré et j’avais du mal à me séparer de cette tension qui m’envahissait de la tête au pied.

Pour ces sorties en forêt, nous avons la chance d’avoir un animateur passionné par la nature qui nous accompagne et prépare des activités pour les enfants. Pour cette fois, il avait organisé un parcours : une longue ficelle, tendue entre de nombreux arbres, le long d’un tronc, par-dessus un fossé, sous une branche … à suivre jusqu’à ce qu’elle s’arrête. Trois consignes à respecter : se déplacer lentement, en silence, et garder les yeux ouverts pour trouver les trésors sur la route.

Pour que les enfants ne soient pas seuls à la fin du parcours, il m’a demandé de passer en premier, en respectant bien les consignes.

Dans ma course quotidienne, le cerveau envahi par les sollicitations de tous mes petits élèves, la boule de peur qui revenait sans cesse rebondir dans mon ventre, et toutes les autres préoccupations journalières, ce moment de solitude, de silence et de lenteur m’a fait l’effet d’une grande bouffée d’air.

J’ai gardé mes yeux grands ouverts, je me suis forcée à marcher lentement, et j’ai juste savouré ce qui se présentait à moi. Les dessins creusés sur un vieux tronc par les petits vers. Le soleil qui jouait à cache-cache dans les feuilles. La chaleur timide du soleil d’automne. Le bruit de mes pas sur le tapis de feuilles mortes. Les nuances innombrables de la mousse au pied des arbres. La possibilité d’avoir une pensée structurée et ininterrompue pendant plus de 5 secondes 🙂.

Et tout à coup, j’ai reçu une clef pour déverrouiller un des nœuds dans mon ventre.

C’est un message que j’ai beau avoir lu et relu, expérimenté des dizaines de fois, mon cœur et mon cerveau ne cessent de l’oublier.

Je suis comme ça. Mon caractère me pousse vers l’avant, vers la suite, vers la prochaine échéance, vers le prochain objectif, et j’oublie le chemin. Et, oui, quand les listes de choses à faire ne connaissent pas de fin et que je m’acharne à faire toujours le mieux au quotidien, je finis par me sentir submergée, et je laisse la porte ouverte à l’anxiété. Et pourtant le chemin est tellement beau ! Il y a tellement de trésors à voir, à recevoir, à donner aussi !

Alors en plein Automne 2018, alors que tout s’accélère et que les prochaines échéances me font trépigner de joie, j’ai décidé de m’arrêter pour de bon, et de savourer. Je ne veux pas me laisser emporter par le tourbillon, cette fois. Je veux d’autres bouffées d’air, je veux me laisser surprendre par la joie sur le chemin, je veux redécouvrir chaque journée dans tout ce qu’elle a d’unique.

Concrètement, pour moi, ça veut surtout dire :

  • Se rappeler que le mieux est l’ennemi du bien, et donc faire tourner en boucle dans ma tête que si tout n’est pas parfait, l’Univers ne va pas s’effondrer,
  • Respecter mes horaires de travail et le temps qui m’est donné pour le préparer,
  • Me discipliner à ne consulter mes mails professionnels qu’à certains moments,
  • Sauter sur toutes les bouffées d’air qui s’offre à moi,
  • Enfermer la « control freak » en moi et m’octroyer le droit d’être surprise,
  • Terminer l’année avec le même objectif que lorsqu’elle a commencé : être plutôt que faire.

C’est fou de me dire que je suis si lente à apprendre, et que je me laisse toujours avoir par les mêmes choses ! Qu’en trois mois j’ai réussi à oublier ma seule résolution de 2018 ! Que j’ai sans arrêt besoin de me recentrer sur l’Essentiel, que je pars si vite à la dérive !

Alors la paix n’est pas encore complète, et j’attends de recevoir d’autres clefs pour déverrouiller d’autres nœuds qui persistent. Mais ralentir, respirer, ce sont des choses qui sont accessibles et faisables – même si elles demandent beauuuucoup de discipline – et qui m’aident à rester sereine. Et puis voyez-vous, un dimanche après-midi pluvieux, elles me permettent même de reprendre une activité que j’aime tant et que j’ai délaissé (elle est quelque part sur la l’infinie liste de choses à faire) : faire vivre Les Contentés !

 

Donc, une clef, UNE ! Et en route pour savourer cette nouvelle semaine ! Prenez le temps de savourer aujourd’hui. Et tâchez de rire, aussi !

 

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