DÉBUTER EN MONTESSORI : 6 MOIS APRÈS.

En Septembre, je vous partageais quelques ressentis sur mes premiers pas avec la pédagogie en Maternelles … Aujourd’hui, je reviens vous faire un bilan après six mois de pratique : les joies, les peines, je vous raconte tout !

Nous passons nos matinées complète « en Montessori », ce qui signifie que sur ce temps, je suis – autant que possible – les recommandations de notre amie Maria ! Autant que possible, oui, parce que seuls deux enfants sur ma classe de 15 sont habitués à cette pédagogie, et même après six mois, les autres ne sont pas encore tous capables de travailler pendant deux heures et demi. Ça veut dire :

– que le mot que je répète le plus souvent est : « chhht »

– que je fais répéter les règles de la classe aux dérangeurs cinquante-deux fois par jour

– que l’ellipse se transforme souvent en cercle de jeux bruyants et inappropriés (à base de pipi-caca si possible !)

– qu’il est déjà arrivé que mes toutes petites sections se donnent à manger les uns aux autres avec le plateau du transvasement à la cuillère (miam, la semoule crue !)

– que mes petits flacons à ouvrir et fermer se remplissent ponctuellement d’eau et/ou de petites pinces à linge (c’est tellement plus drôle quand c’est plein …)

– qu’il arrive encore que mes yeux sortent de leurs orbites quand les enfants courent d’un bout à l’autre de la classe alors que leurs camarades portent des cruches/des seaux remplis d’eau, ou se baladent avec des paires de ciseaux dans les mains.

(Il faut que je pense à prendre en photos ces petites catastrophes, qu’on se marre un peu ensemble.)

À part ces quelques points, je commence doucement à voir les fruits de mon acharnement ! En Septembre, les enfants tenaient entre 30 minutes et 1h30 sur les différents ateliers. Aujourd’hui, après la petite tempête de 10h/10h30 (c’est l’heure où la « fausse fatigue » s’installe et où tout dégénère avant de repartir ! Je ne sais pas si c’est valable dans toutes les classes – je ne l’ai pas remarqué l’an passé avec mes CM2 – mais en tous cas dans la mienne, c’est à la seconde près !!!), les enfant sont capables de travailler encore un peu. Ils se mettent facilement au travail quand ils arrivent le matin et sont tous demandeurs de nouvelles présentations ! Ils coopèrent et s’entraident la plupart du temps – même s’ils profitent des récréations pour se taper un peu dessus.

J’étais assez épuisée avant les vacances de Décembre: j’avais un tiers du groupe qui était in-fer-nal et qui, disons le franchement, pourrissait mes journées. De la casse du matériel en passant par le contenu des cruches de transvasement retrouvé dans les toilettes jusqu’au vidage intégral des pompes à savon sur les éponges (oui, parce que sinon c’est trop facile à rincer), j’avais juste envie de m’arracher les cheveux et de les asseoir devant des fiches de travail !

À ce moment-là, une maman de l’école m’a envoyé ce super article qui m’a aidé à relativiser et m’a donné du courage.

La normalisation (mot barbare qui désigne le fait que les enfants sachent travailler en Montessori) prend du temps, et le relire m’a permis de retrouver un peu de confiance dans mon rôle de maîtresse – parce que oui, je doute parfois de ma capacité à accompagner ces enfants.

Je me suis remise à prendre le temps d’observer, plutôt que de courir pour que tout soit toujours parfait. J’ai appris à lâcher prise : tant qu’ils ne sont pas en danger de mort – bon, d’accord, ou de blessure grave – il n’y a pas d’urgence – et un t-shirt trempé n’est pas une blessure grave. Suite à ma lecture de « Pédagogie Scientifique » écrit par Montessori, je me suis remis en tête que c’est ma posture d’adulte qui prime : pas le matériel, pas le comportement des enfants, et pas les attendus de fin de cycle. C’est par moi que tout commence : si je stresse, ils seront stressés, si je suis motivée, ils seront motivés. Après deux semaines de vacances et pleins de projets à mettre en place à la rentrée, j’étais de nouveau au taquet !

J’ai encore beaucoup de travail à réaliser dans l’observation des enfants (je me laisse souvent happer par leurs demandes) et dans le côté « réorienter les dérangeurs ». Ils ont tellement d’idées de comportements inappropriés que je me retrouve parfois les bras ballants, sans aucune idée de comment intervenir (le coup des petites perles dorées au fond des toilettes, vraiment …. ) – alors que la clef est simplement de les garder occupés quand je sens que ça pourrait déraper.

Quelques éléments mis en place ces derniers mois :

>les métiers : depuis Septembre, les enfants avaient chaque jour une responsabilité différentes (chef de file, éteigneur de lumière, présentateur météo …). Mais les jours où j’oubliais de changer de responsabilités, et ceux où les enfants étaient trop excités pour se tenir pendant le rassemblement étaient nombreux … et le système me fatiguait plus qu’autre chose. Pendant les vacances, j’ai donc lu pas mal de chose sur les métiers selon Freinet (un autre pédagogue avec beaucoup de bonnes idées). J’ai réfléchis à tout ce que je faisais que les enfants pouvaient prendre en charge, imprimé et plastifié des pictogrammes, puis nous avons décidé à la rentrée du salaire qui serait octroyé à chaque métier (notre monnaie regroupe des perles, des glands, et des boules de cotillons 😀). Chaque enfant garde son métier pendant une semaine (je tire les prénoms au sort et ils choisissent) et reçoit ensuite son salaire. La monnaie est utilisée pendant les marchés qui ont lieu une fois par semaine et où les enfants de toute l’école vendent/achètent leurs créations/leurs compétences. Des amendes sont mises en place quand les règles de bases (marcher, ranger, chuchoter, respecter les autres) ne sont pas respectées et les enfants peuvent donc perdre une partie de leur monnaie.

> les plateaux qui changent selon les saisons : avant les vacances de Décembre, j’ai apporté quelques modifications aux plateaux de transvasement et j’ai mis à disposition des enfants un petit sapin artificiel et de quoi le décorer. L’effet a été immédiat : ils raffolent arriver le matin et découvrir ce qui a changé ! Bye-bye les glands et les châtaignes, bonjour les petits sapins et les grappes de houx en céramique, les boules brillantes et les guirlandes de perles ! Une maman m’a même déjà trouvé de quoi faire pour Pâques : vivement le printemps !

> des journées complètes en Montessori : sur le point de débarquer. J’ ai hâte de tenter l’expérience et d’être ainsi capable de faire des présentations plus « costaud » à mes élèves qui sont sur le point de basculer dans la lecture ou l’écriture. Hâte aussi de voir comment mes petits élèves tiennent sur la durée… Je sens que je vais avoir des dérangeurs à occuper ! Mon objectif serait de passer en 100% Montessori, avec des moments d’activités dirigées proposées à ceux qui veulent. Pour l’instant, je propose les activités dirigées l’après-midi et les enfants ne pensent pas à reprendre du travail, disons qu’ils séparent distinctement le temps de travail du temps d’activités dirigées, ce que j’aimerais arriver à fusionner un peu plus (c’est tout à fait possible et c’est d’ailleurs ce que recommande Madame Montessori).

> des temps Freinet avec les grands : une collègue d’élémentaire prends quelques enfants tour à tour pour travailler sur différents projets, notamment celui de la gazette de l’école qui sort régulièrement et où chaque enfant peut inscrire un petit quelque chose. Cela permet d’une part d’avoir un – encore plus – petit groupe avec lequel travailler, et d’autre part de faire vivre aux enfants du temps avec une plus grande mixité d’âge.

En Septembre, je vous partageais quelques ressentis sur mes premiers pas avec la pédagogie en Maternelles … Aujourd’hui, je reviens vous faire un bilan après cinq mois de pratique : les joies, les peines, je vous raconte tout !

Suite à ma lecture du livre de Montessori (pédagogie scientifique), je suis de plus en plus convaincue du bienfondé de ses recommandations. J’ai réalisé que même en étant plutôt bien informée sur le sujet, j’avais beaucoup de préjugés sur ce que je croyais être la pédagogie Montessori. Il s’avère qu’on lit et qu’on écoute beaucoup de bêtises sur le sujet, même dans les formations certifiantes : si vous avez l’occasion, je vous recommande chaudement de lire ce qu’elle à dire, y compris si vous n’êtes pas enseignant.e, juste pour savoir ce qu’il en est réellement ! Et si vous n’avez pas le courage … je tâcherai de vous faire un résumé le mois prochain !

Si le sujet « Montessori » vous intéresse, n’hésitez pas à me le faire savoir dans les commentaires ou par message : au cas où nous ne l’auriez pas remarqué, le sujet me passionne, et j’aurais plein de choses à vous partager !

Post Articlum : l’objectif dans cet article, comme sur le reste du blog, n’est pas de culpabiliser, ni de décourager, ni de prôner une seule manière de faire. Nous vous partageons ici nos réflexions, nos convictions, notre vision des choses. Ça ne veut pas dire que les autres manières de faire sont mauvaises. Qui sait, Montessori, ce n’est peut être pas pour vous ! Et ça ne pose aucun problème : chacun est unique, chacun fait de son mieux, et chacun est libre de ses choix !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s