UN POIDS EN MOINS

14h15, assise sur la méridienne du canapé, je réfléchis par où commencer.

Il y a eu cette lecture, « Trois amis en quête de sagesse », en plus de mes lectures quotidiennes dans la bible –je ne peux que vous conseiller ces deux bouquins, bien évidemment. Il y a eu ces mises au point avec des personnes qui tiraient de mes paroles et des mes actes des conclusions hâtives – et fausses, du coup. Il y a eu ces abîmes au travail, entre adultes, d’incompréhension, de jugements, d’aveuglement. Il y a eu cette (re)découverte de mon complexe du sauveur, et la conclusion qu’il fallait décidément que je m’en accommode avec prudence.

Disons que je ne me suis pas ennuyée, ces trois derniers mois !

Et puis cette méditation de dix minutes aujourd’hui – oui, je médite, parfois, quand j’y pense, quand j’ai le temps, et oui, mon appli m’a rappelé que le mieux ce serait quand même que je m’y attèle régulièrement, et non, je ne pense pas que ça soit une pratique diabolique – qui m’a rappelé ce que je voulais vous partager.

Je devais me concentrer sur les sons qui m’entouraient. J’ai donc commencé à dresser une liste mentalement, du plus proche au plus lointain : le frigo qui ronronne, la VMC – elle fait drôlement de bruit d’ailleurs aujourd’hui non ? -, les oiseaux par intermittence – il faudrait quand même que j’apprenne à les reconnaître à leurs cris -, ah le frigo s’est mis en veille, on entend encore plus la VMC du coup, une camionnette qui passe, un oiseau qui chante plus près … Ne me jugez pas, ça faisait vraiment longtemps que j’avais pas médité, j’ai la pratique un peu rouillée.

Je continuais tranquillement ma liste quand la voix de la guide est revenue … « Voyez si vous tentez de qualifier les sons : « c’est une voiture, ou un oiseau, ou une porte qui grince … » Si c’est le cas, notez le, et tentez d’abandonner ces qualifications, pour ne faire que les accepter, les accueillir avec bienveillance, comme si vous découvriez quelque chose de totalement nouveau, sans porter de jugement, qu’il soit agréable ou désagréable sur chacun de ces sons. Acceptez-les sans réagir, sans faire apparaître des images, ou des pensées, associées à ces sons. »

Youplaboum. Si j’ai du mal à m’empêcher de qualifier les sons qui m’entourent, je vous laisse imaginer la galère pour les personnes qui m’entourent…

Et pourtant, quel poids en moins.

Quel poids en moins quand je me rappelle que 90% du temps, mon seul job est d’accueillir ce/ceux qui arrivent jusqu’à moi, sans réagir, sans associer des jugements, sans vouloir trouver des solutions complexe du sauveur, vous dis-je -, juste en étant là, bienveillante.

Quel poids en moins que de me rappeler que tout ce que les humains disent ou font en ma présence n’a rien à voir avec moi et tout à voir avec eux.

Quel poids en moins que de travailler à accepter et à laisser couler ces comportements qui m’entourent, tout en exerçant le mien : « il est beau d’avoir du zèle pour ce qui est bien en tout temps » (Galates 4v18) –  » Ne nous lassons pas de faire le bien » (Galates 6v9) – « Que votre douceur soit connue de tous les hommes » (Philippiens 4v5). Oui, il y’a du boulot.

Quels poids en moins de ne pas me projeter anxieusement vers le futur mais de reprendre l’habitude de découvrir chaque fait, comme s’il était complètement nouveau, de me réjouir des choses qui font mon quotidien, d’avoir confiance en mon Dieu.

Et puis quel poids en moins de garder en tête que s’il m’arrive d’échouer, de porter un jugement, de tirer des conclusions, de ne plus maîtriser mes pensées … Je peux le noter, demander pardon si c’est nécessaire, et reprendre le cours de la journée de manière un peu plus accueillante.

Alors, pour tous ceux à qui nous serons confrontés dans les prochaines minutes, pour devenir toujours un peu plus un être humain autour duquel il fait bon être, pour remettre la main sur un peu de joie… Laissons de côté ce poids des pensées qui veulent toujours tout qualifier. Et plutôt … « Que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de [n]os pensées. » (Philippiens 4v8)

Photo by Javardh on Unsplash

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