PLANIFIER LE FUTUR

Il y a huit ans, j’obtenais mon BAC. Cet examen qui te semble si énooorme l’année où tu le passes, puis dont l’intensité s’estompe au fil des années suivantes … Jusqu’à disparaître complètement, d’ailleurs.

En 2012, je termine une année de Langues Étrangères Appliquées en étant bien décidée à me réorienter : ma plus grande crainte à l’époque (pas très fondée, mais ça on le réalise plus tard), c’est que ces études me coincent derrière un ordinateur, assise à un bureau.

2014, après deux ans d’études, j’obtiens un DUT Carrières Sociales. Les deux meilleures années d’études de ma vie, et certainement celles qui m’ont le plus impacté ! J’écris avec passion mon premier mémoire, court, certes, mais qui aura le mérite de me révéler à quel point j’aime écrire. Je découvre les pédagogies alternatives et quelque chose me démange … il y a tellement à faire ! Avide d’apprendre encore plus et surtout de transmettre encore plus, je continue en Licence pro pour devenir formatrice. Écrire un deuxième mémoire est une expérience que je suis très contente de pouvoir réitérer… Je me pose de nouvelles questions, j’ai envie d’être utile, d’en savoir encore plus, et je m’inscris en Master.

2016, je choisis de terminer mon Master en alternance dans le domaine de l’ingénierie pédagogique. Difficile de trouver une entreprise qui comprenne quelque chose à ces deux gros mots, mais je finis par y arriver au début de l’été.

S’en suivront les 12 mois les plus longs de ma vie.

Une partie des cours est juste une répétition de ceux de l’année passée. Une autre partie est complètement hors des domaines qui m’intéressent. L’entreprise dans laquelle je travaille est loin de me pousser à relever des défis, je m’ennuie 90% du temps. Et quand je ne suis pas en cours, je suis assise devant un ordinateur, derrière un bureau, 35h par semaine.

J’ai donc glorieusement réussi à obtenir tout ce que je cherchais à fuir après le Bac. BINGO !

On pourrait avoir un arrière goût de « tout ça pour ça », mais en fait, non. Le chemin parcouru m’a juste convaincue et préparée à la suite.

Trois éclaircies dans cette horrible année : 1. l’écriture d’un mémoire (encore, oui) dont le sujet me passionne, 2. le temps passé à me documenter et à lire sur les pédagogies alternatives, et 3. la programmation de notre voyage à Hawaii.

Après avoir passé des mois à vivre l’opposé de la vie que je veux mener, ce voyage est une bouffée d’air frais. Tout est possible, quand on fixe bien ses priorités. Je publie pour la première fois sur Les Contentés, dans l’optique de partager mes réflexions sur le minimalisme, la foi, et de documenter notre voyage.

Retour en France, dans notre Alsace grise et pluvieuse. Je décide de mettre un pied à l’étrier : puisque tout est possible, il faut bien commencer quelque part ! Je m’inscris en tant qu’enseignante remplaçante et décroche un contrat de trois mois dans une école privée. Mon objectif : gagner en crédibilité et en expérience… avec le rêve d’ouvrir à mon tour une école, un jour. Je découvre le quotidien des profs, les contraintes, l’épuisement, la joie de transmettre, de créer du lien avec les élèves (et avec les collègues adorées !), les heures qu’on ne compte pas et la créativité nécessaire à la survie… Il y a tellement à faire, tellement à changer dans la machine infernale de l’éducation des enfants ! Je bouillonne de l’intérieur, tout en continuant à écrire sur Les Contentés.

En Juin 2018, je candidate pour devenir Éducatrice Montessori dans une classe de Maternelle suite à l’ouverture d’une école hors contrat. Je me forme officiellement à la pédagogie et démarre l’aventure en Septembre, une découverte totale, zéro repères sur lesquels m’appuyer : un saut dans le vide ! J’aime ce métier, je suis convaincue de son utilité, convaincue de ce que les pédagogies alternatives ont a apporter, je me sens à ma place.

Et puis nous voilà en Août 2019, et il est de nouveau l’heure de planifier le futur, de faire de nouveaux choix. Rien n’est jamais très stable chez les Contentés 😀

Un bébé Lilikoï dont l’atterrissage est prévu pour Décembre et tout notre monde est chamboulé (paraît que ce n’est que le début…).

Le cerveau carbure…

Comment on fait, pour ne pas se séparer de ce petit humain deux mois après sa naissance tout en arrivant à joindre les deux bouts (ben, oui, même les minimalistes ont besoin d’un salaire…) ? Est-ce que vraiment c’est obligé, de renoncer à ce que nous avons eu de plus précieux pendant nos enfances respectives : un parent à la maison ? Comment on fait, quand on est convaincu que le meilleur qu’on pourra lui apporter, c’est d’être auprès de lui, mais que rien dans notre société n’est fait pour nous faciliter la tâche ? Est-ce qu’on arrivera à tenir le coup, à contre-courant du flot de nos contemporains ? Est-ce qu’on aimera ça, ou est-ce qu’on se rendra compte qu’on a fait une erreur ? Que ce n’était pas pour nous ?

Pour le savoir… on saute dans le vide une fois de plus !

Monsieur Contenté tente cette année encore le concours de la douane. Son obtention pourrait sculpter une nouvelle facette de notre vie. Quant à moi, je décide de décupler pendant quelques mois l’énergie investie dans Les Contentés, pour voir ce que ça peut donner… On se donne les moyens de voir si la vie dont on rêve est accessible pour de vrai. On se fixe des objectifs (en heures de révisions ou en nombre d’abonnés, en résultats de QCM ou en commissions obtenues, en écriture de paragraphes argumentés ou en planification de post quotidiens, c’est selon !) et on essaie ! Parce que rien ne nous en empêche… et puis pour ne pas regretter d’avoir raté une opportunité.

J’aperçois le chemin devant nous et j’y vois encore plein de montagnes à gravir, des vallées un peu sombre entre les plaines verdoyantes, des chemins escarpés et plein d’obstacles à travers. C’est pas facile, d’être des humains, et de se préparer à accueillir un autre humain. C’est pas facile, de donner une chance à la vie dont on rêve quand socialement, la norme est ailleurs…

Et il y’a une petite énorme boule au ventre quand on pense à tout ça, parce qu’on aucune idée de comment les choses vont se passer. On peut planifier le futur, mais on ne peut pas l’obliger à se dérouler comme on avait pensé. On peut (et peut être même qu’on doit ?) se fixer des objectifs, mais on ne peut prévoir ni la manière ni la probabilité de les atteindre.

Chacun de nous, nous faisons de notre mieux.

Alors, voilà, Août 2019, on planifie le futur … du bout des doigts, en attendant de voir ce que Dieu nous mettra entre les mains. Et je sais qu’on est nombreux, chacun dans nos situations, à planifier du bout des doigts. Alors, courage, petits humains, et hauts les cœurs ! Moi, je sais : le meilleur est à venir.

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